1962, quinze jours avant l’indépendance de l’Algérie, je vois le jour en Belgique, dans la lumière contrastée de Chabane, un père enragé et de Marie-Madeleine, une mère hostie vivante. De l’un, je reçois un prénom royal. De l’autre, j’hérite d’un nom flandrin qui ne me concerne pas. Je le (sup)porterai 21 ans avant de le convertir sans merci. Mon enfance ne fait pas saillie en ma mémoire.
Je suis terrain en friche, parsemé de racines à l’abandon.
Adolescent, je poursuis une scolarité sportive. J’acquiers un Nikon F3 et un 35 mm, complices de mes premières traces. Mes études sportives avortées, je renonce aux arts martiaux et la compétition pour me tourner vers la danse et une filière psycho-sociale. Dans un cours de littérature, la musicalité du verbe de Marcel Moreau – auteur sauvagement borain – me bouleverse. Mon corps connait et reconnait ses évocations tangibles. Son verbe éveille en moi des notes free-jazz. A ce moment précis surgit le plaisir des mots.
Durant des études universitaires, je découvre les percussions et pars rapidement en quête de traditions musicales, mariant recherches rythmiques et photographie harmonieuse. Diplôme de psychologue en main, je décide pourtant de me consacrer à l’art. Photographe du cœur et musicien de la vie, j’oscille de l’un à l’autre. J’erre artistiquement me laissant guider par les opportunités qui se présentent. Je participe à divers projets musicaux et théâtraux, je deviens danseur pour quelques années, j’expose régulièrement mes images.
Aujourd’hui, je suis photographe et artiste en milieu de soin.
Je vis et travaille à Mons (Belgique).